Chaque année en octobre, Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance et de prévention en cybersécurité, publie son baromètre sur la perception cyber des Français, réalisé avec Ipsos.Digital. Je suis partenaire de cette campagne du Cybermois, et je trouve utile de vous partager ce qu'elle dit vraiment — sans jargon, et avec ce qui change concrètement pour vous.
Cybersécurité : ce que révèle le baromètre officiel 2026, et pourquoi votre ordinateur y est pour beaucoup
Près d'un Français sur deux a désormais été notifié d'une fuite de ses données personnelles. Un chiffre officiel — et un rappel utile juste avant que des millions de PC sous Windows 10 perdent, eux aussi, leur dernière protection gratuite.
Les chiffres 2026 à retenir
Le constat du directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr, Jérôme Notin, est sans détour : les Français identifient de mieux en mieux les menaces, mais le besoin d'accompagnement, lui, ne cesse d'augmenter. Autrement dit, savoir qu'un risque existe ne suffit pas à s'en protéger — encore faut-il les bons réflexes, et un équipement à jour.
Le facteur que le baromètre ne mesure pas : l'état de votre ordinateur
Ce que l'étude ne dit pas, mais qui aggrave directement ces chiffres, c'est l'état de fraîcheur de vos appareils. Depuis le 14 octobre 2025, Windows 10 ne reçoit plus de mises à jour de sécurité gratuites de la part de Microsoft. Or Windows 10 reste, encore aujourd'hui, installé sur une part importante des ordinateurs familiaux.
Concrètement, un système qui ne reçoit plus de correctifs devient un terrain favorable : les failles découvertes après l'arrêt du support ne seront jamais réparées, et ce sont précisément ces failles que les logiciels malveillants et les rançongiciels exploitent en priorité. La même logique s'applique aux anciennes versions de macOS, qui cessent elles aussi de recevoir des mises à jour de sécurité au bout de quelques années.
Un antivirus à jour reste indispensable, mais il ne compense pas un système d'exploitation qui n'est plus corrigé : les deux protections sont complémentaires, pas interchangeables.
Les techniques les plus utilisées aujourd'hui
Voici les scénarios les plus fréquemment signalés en ce moment — les reconnaître est déjà la moitié du travail :
🎣 Hameçonnage (phishing)
Un mail ou SMS imitant votre banque, un livreur ou un service public, qui vous pousse à cliquer et saisir vos identifiants dans l'urgence.
📞 Faux conseiller bancaire
Un appel qui affiche le vrai numéro de votre banque (numéro usurpé) pour vous convaincre de valider un virement ou de communiquer un code reçu par SMS.
🖥️ Faux support technique
Une fenêtre alarmante annonçant un « virus détecté » avec un numéro à appeler, qui mène à une prise de contrôle à distance de votre PC. Je n'utilise jamais ce procédé : je n'appelle et n'interviens que sur votre demande.
📱 Quishing (QR code piégé)
Un QR code collé sur un horodateur, un menu ou un colis, qui renvoie vers un site frauduleux. Seuls 6 % des Français connaissent encore ce terme.
🎙️ Deepfake vocal
Une voix clonée par intelligence artificielle, imitant un proche en détresse ou un dirigeant, pour obtenir un virement en urgence. La notoriété de cette menace a bondi de 28 % à 34 % en un an.
🔓 Fuite de données
Vos données personnelles (email, mot de passe) volées lors du piratage d'un site tiers, puis revendues et réutilisées pour du hameçonnage personnalisé.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Vérifier si votre PC est toujours sous Windows 10, et si votre année de mise à jour gratuite arrive à échéance en octobre 2026
- Envisager la migration vers Windows 11 si votre matériel est compatible, ou une alternative adaptée si ce n'est pas le cas
- Vérifier que votre antivirus est actif et à jour, sur PC comme sur Mac
- Changer vos mots de passe si vous avez été notifié d'une fuite de données, et ne jamais réutiliser le même mot de passe partout
- Activer la double authentification (MFA) partout où c'est possible — email, banque, réseaux sociaux : même un mot de passe volé devient inutilisable sans le second code
- Ne jamais rappeler un numéro affiché dans une fenêtre d'alerte : passer par le site officiel ou l'application de l'organisme concerné